Une question qui revient souvent dans les discussions sur les groupes facebook ou dans les échanges privés avec les personnes avec qui j’ai contact, c’est la question de l’acceptation du changement. Et cette question a plusieurs dimensions. Il y a déjà l’acceptation de soi pour la personne qui subit l’opération et qui voir son corps changer radicalement au fil des semaines et des mois. Mais ce changement doit aussi être accepté par l’entourage, et ce n’est pas forcément facile. Je vous explique…

L’acceptation de soi

Au début c’est “facile”, façon de parler… Le changement est le but recherché lorsqu’on subit une opération bariatrique comme la sleeve gastrectomie ou le by-pass. En plus au début la perte se fait très vite, et les résultats physiques se font ressentir au niveau de la condition physique : moins d’essoufflement, plus d’endurance, des mouvements facilités etc. Ça donne une phase quasi euphorique de bien-être.

Jonathan_2019-05Pourtant, le changement est visible pour le sleevé plus par les sensations que par l’image qu’il voit tous les jours dans le miroir. Pour Jonathan, il a mis longtemps à voir dans le miroir tous les changements. Il s’en rendait plus compte grâce aux vêtements qui semblaient de plus en plus grands. Et encore un peu le cas aujourd’hui, presque 18 mois après son opération, il se regarde dans le miroir et a tendance à plus voir la peau de son ventre qui pendouille que ses clavicules et les os de ses épaules qui se voient, alors qu’avant ils étaient bien cachés 🙂

C’est quand la perte ralentit que la question de l’acceptation de son apparence se pose. Il faut composer avec le gras qui reste, la peau qui pendouille, les muscles qui ont fondu… C’est là qu’on se rend compte des dégâts qu’ont causé les 100 kg en trop qu’il a pu perdre grâce à la sleeve. Ce sera un travail sur le long terme. Evidemment, la question de la chirurgie réparatrice sera abordée, mais ce n’est pas pour tout de suite. Il faut d’abord stabiliser durablement, et les délais sont longs pour obtenir une intervention. Donc en attendant il faut apprendre à vivre avec ces petits inconvénients tout en continuant l’exercice physique pour remuscler ce corps qui a fondu.

Le changement vécu par l’entourage

Comme je l’ai déjà dit dans plusieurs de mes précédents articles, il n’y a pas que le corps qui change. Le changement se fait sur tous les plans : physique et psychologique, mais aussi dans le travail, les relations avec les autres…

Jonathan était le stéréotype même du barbu dans sa grotte, il pouvait rester des semaines sans sortir et sans voir personne… Aujourd’hui il voit des copains, participe à des soirées de jeux de plateau et jeux de rôles. Il a repris une vie sociale qui avait quasi disparu. Lui qui passait son temps libre à jouer à l’ordinateur, il ne joue presque plus tellement il a d’occupations !des_jeu_role

Tout ça pour dire qu’il a vraiment changé en tant que personne. Mais ça ne doit pas faire peur, ce n’est que du positif ! On redécouvre des activités à faire ensemble, des projets qu’on a envie de concrétiser… Finalement je retrouve le « vrai » Jonathan. Là où ça peut être perturbant pour la famille, c’est qu’il reprend une place qu’il avait “abandonné” en quelque sorte. Il fait bouger des choses dans la maison, bricole, a un avis sur des choses qui lui étaient indifférentes quand il n’allait pas bien… Il a repris son rôle de chef de maison, père de famille et mari en fait.

etagere_chaussuresC’est assez étrange, car là où j’avais fini par ne plus rien attendre de lui, comme par exemple pour les réparations ou aménagements à faire dans la maison, aujourd’hui il est force de proposition et il prend des initiatives. Et je ne peux pas m’empêcher d’être surprise (en quelque sorte) quand il finit quelque chose. Le week-end dernier il a finit une super étagère à chaussures pour la buanderie et on a enfin un endroit où poser nos chaussures et rien ne traîne par terre !

Par contre, je continue à jongler entre l’envie de lui demander plein de choses, de l’encourager à commencer plein de projets, et la peur qu’il “rechute” et qu’il ne puisse pas finir et du coup j’ai peur d’être déçue. Ma raison me dit qu’il n’y a pas de raison qu’il aille de nouveau mal, mais cette crainte me poursuit quand même par moments. Le fantôme de son état catastrophique des dernières années me poursuit en quelque sorte comme un écho qui s’affaiblit au fur et à mesure mais qui résonne encore parfois.

Je me rends compte en écrivant cet article que j’ai du mal à savoir comment nos enfants ressentent tout ça. On n’en parle pour ainsi dire pas. Il faudra que je leur demande… Peut-être que ce sera l’objet d’un autre article ?

En attendant, il faut de la patience et de l’amour pour encaisser ce cheminement. Heureusement on en a à revendre. Par moments, j’ai l’impression de retrouver le Jonathan dont je suis tombée amoureuse il y a maintenant 22 ans… Evidemment il a pris 20 ans et moi aussi, mais au fond il est toujours le même. Et je dois dire que notre amour ne nous a jamais quitté même si tout n’a pas toujours été rose, cet amour aujourd’hui est fort des 22 années d’épreuves et de succès traversés ensemble.

Nat_Sim_glacesPour conclure, j’ai envie de vous dire qu’il ne faut pas avoir peur du changement. Il faut juste penser qu’il ne faut pas être pressé, il faut prendre un jour à la fois et se laisser le temps d’évoluer ensemble. Le bonheur est dans tous les petits succès qui peuvent paraître insignifiants. Si vous prenez le temps de les observer vous aurez la patience d’attendre de plus grands succès. Je vous laisse avec 2 phrases bien connues :

“Rome ne s’est pas construite en un jour”

“Les petits ruisseaux font les grandes rivières”

4 Comments

  • lise

    je decouvre ce blog. c’est moi qui vais passer par la case chirurgie bien que le poids soit un souci familial. mon homme est tres grand donc meme pas obese ! il espere pouvoir bénéficier par procuration du reequilibrage de nos habitudes alimentaires ..je suis l’unique cuisiniere de la famille .. je voulais vous remercier pour ce blog et les viodeos..c’est « cru » comme j’aime et du partage d’experiences réelle pas du simple regardez avant aprés c’est miraculeux !

    • sleeve-and-co

      Bonjour Lise !
      Merci pour votre petit mot 😉 Je vous souhaite beaucoup de bonheur en famille grâce à cette opération. Il est évident que toute la famille bénéficie des améliorations des habitudes alimentaires. Moi-même j’ai perdu une dizaine de kilos en accompagnant Jonathan dans son parcours. Comme quoi les bonnes habitudes sont déjà un début et une clé importante dans la réussite. Pour ce qui est de la cuisine, on s’adapte et on apprend… Moi qui cuisinais beaucoup à la crème fraîche, j’ai appris à faire autrement et on se régale tout autant. Ça ne nous empêche pas de faire une petite carbonara de temps en temps 😉 Bonne route à vous et votre famille et si vous repassez par ici, donnez-moi de vos nouvelles !
      — Sim

  • Mag

    Bonjour Sim,
    En plein projet de sleeve et après avoir trouvé les vidéos du Barbu Sleeve, je découvre votre blog. Merci de votre initiative et de votre partage si sincère et simple ! J’ai montré le blog à mon mari pour qu’il puisse cuisiner après mon opération 🙂 les doutes que vous exprimez dans votre article sont des doutes que j’ai avant l’opération… Et je suis dans les mêmes questionnement que vous : qu’est ce que c’est prendre du temps pour soi ? J’avoue que pendant ces vacances je me suis remise au point de croix 🙂 et que les moments avec les copines (tout aussi occupées) me manquent. Je sais que j’apprécie les massages (mais c’est honereux)… Promis si je trouve une idée je vous l’ecrirai !
    Encore merci pour votre blog, belle continuation à vous.

    • sleeve-and-co

      Bonjour Magali !
      Alors où en êtes-vous dans votre parcours ? Je vous souhaite plein de bonheur et de courage. J’ai toujours du mal à prendre du temps pour moi… Alors les idées sont toujours les bienvenues 😉 A bientôt !

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